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Mon mari m'a trompée, je n'arrive pas a lui pardonner

Lorsque l’on a été trompé on vit d’abord un cataclysme. Dans ce choc, le cerveau va tout de suite s’affoler et mille questions vont arriver :

Pourquoi ?

Qu’est ce que j’ai fait.

Qui est-ce ?

Comment ça s’est passé ?

Qu’est-ce que je dois faire ?

Est-ce qu’on doit se séparer ?

Est-ce que je dois lui pardonner pour qu’on avance ?

Et les enfants ? Et la famille ? Et les amis

 

En fait on est complètement submergé et dans cet état on essaye de survivre en choisissant ce qui nous rassure ou ce qui nous semble le plus supportable.

ð  Il y a des personnes pour qui tromper est rédhibitoire : le sujet c’est soit je reste et je pardonne soit je pars. Certaines essayeront de se confronter quand même à l’idée de pardonner alors que cela va à l’encontre de leur croyance.

ð  Il y a des personnes pour qui la famille doit être sauvée : donc je veux pardonner pour sauver le foyer, elles seront confrontées à leur volonté de pardonner.

ð  Il y a des gens qui sont pris au piège de leur couple financièrement et qui n’ont pas la possibilité de partir : donc je n’ai pas le choix, je dois pardonner pour continuer. Elles seront confrontées à la lutte intérieure entre ce qu’elles veulent faire et ce qu’elles peuvent faire, tiraillées.

 

Dans les 3 cas le pardon est l’obstacle majeur, on le voit comme une obligation morale que l’on s’impose.

Alors que le vrai sujet n’est jamais est-ce que je dois pardonner :

C’est qu’est-ce que je veux vraiment moi ?  

Parce que derrière le pardon il y cette question ultime : suis-je capable de retomber amoureuse après ce qu'il vient de se passer... est ce que je le veux ? 

Est-ce que je veux vraiment trouver une solution pour que ce couple fonctionne ou bien est ce que je me mets cette obligation morale de pardon sur les épaules parce que je n’ai pas envie de vivre un divorce ?

 

Très souvent il est difficile de pardonner parce que l’on a essayé de chercher une réponse rationnelle : le pardon salvateur à un moment de débordement émotionnel sans passer par la case prise de conscience => Qu’est-ce que je veux vraiment pour moi ?

 

Qu'est ce qui m'empêche vraiment de pardonner ?

Ici on va avoir toutes les mécaniques relationnelles et affectives qui entrent en jeu :

 

a. Je me sens trahie : c’est trop dur d’imaginer que la personne que j’aimais le plus au monde ait pu me faire cela. Le mensonge est presque plus douloureux que l’acte.

La blessure de trahison pouvait exister depuis longtemps et être ravivée ici, on se retrouve confrontée à sa plus grande peur en étant démunie.

 

b. Les pensées paralysantes et les ruminations : on va chercher à comprendre, avoir envie d’enquêter, en général ici on n’arrive pas à sortir du choc émotionnel, on tourne en boucle, pour chercher une explication extérieure. Essayer de ne pas remettre l’autre en cause. Pour ne pas que notre univers s’effondre.

 

ð  En fait on se ronge de vouloir et de ne pas pouvoir, alors que c’est normal de ne pas y arriver aussi facilement. Il y a trop de mécanisme de défense en jeu. Notre cerveau n’est pas naturellement capable de se défendre contre un agresseur immatériel. Il a besoin de trouver qui a fait l’erreur, qui est à l’origine, quelle histoire a eu lieu. Il ne peut pas accepter de pardonner sans comprendre.

 

La vérité pour sortir de ces boucles de pensées est la suivante :

On trompe parce que l’on aime mais qu’on ne se sent plus suffisamment aimé.

Si votre partenaire ne vous aimait plus : il serait parti.

S’il reste c’est parce qu’il ne veut pas partir mais qu’il se passe quelque chose qu’il n’arrive pas à gérer : la perte/diminution de votre amour ressenti pour lui.

Et que vous ne vous en êtes pas rendu compte.

 

ð  La sortie du brouillard va pouvoir commencer lorsque vous allez accepter en premier de :

o   « vous pardonner d’être tombé amoureux d’elle, amoureuse de lui »

o   Si c’est le cas « vous pardonner malgré tout de l’aimer encore et aussi ».

o   Enfin, « vous pardonner de ne pas avoir vu, compris plus tôt ».

ð  Au plus vous vous soutenez = pardon de soi et consolation de soi au plus vous allez pouvoir sortir de la panique et accéder au pardon.

 

J'ai perdu confiance en mon mari

Une fois que l’on a accepté de choisir pour soi si on voulait pardonner ou pas, une fois que l’on s’est apaisée, et pardonnée à soi-même, on va pouvoir imaginer qu’il y a quelque chose à reconstruire et le rendre possible.

C’est pour cela que beaucoup de gens sont bloqués aussi : ils ont fait un pardon mental, sans passer par les étapes 1 et 2 et se retrouvent bloqués car la colère et la tristesse n’ont pas pu être apaisés par la consolation.

 

La confiance ne peut se reconstruire que si certains points sont clarifiés avec l’autre :

-        La personne qui a trompé éprouve du regret et de la culpabilité

-        La personne qui a été trompée accepte qu’il n’y a pas une victime d’un coté et un bourreau de l’autre mais une co-responsabilité dans ce que l’on a apporté dans la relation et qui a posé soucis.

o   La personne trompée ne s’est pas rendue compte de ce qu’elle apporté (baisse d’attention, détournement pour x ou y raison, en général promotion pro ou arrivée d’un enfant ou maladie d’un proche) : mais il y a eu des conséquences (éloignement, fermeture)

o   La personne qui a trompé a fait la seule chose qu’elle était capable de faire malheureusement pour survivre car elle ne souhaitait pas briser le couple mais n’arrivait pas non plus à parler de son problème (on n’excuse pas le comportement ici, on l’éclaire) et elle a fait souffrir la personne qu’elle aimait le plus au monde.

-        Que les deux personnes aient envie de reconstruire le couple.

 

ð  Ces points sont la base nécessaire. Sans cela : pas de retour possible à la confiance.

ð  Le pardon seul ne suffit pas, la confiance nécessite des preuves concrètes de volonté commune, de prise de responsabilité et de re-sécurisation de la relation.

Je veux bien pardonner mais jamais oublier

Le piège est souvent de vouloir voler au secours de l’autre pour ne pas qu’il nous quitte et de s’oublier soi. On finit par dire oui à trop de chose, se trahir soi-même en ayant peur de poser à nouveau ses limites.

Il y a aussi le piège ou la personne trompée devient la victime toute puissante qui ne va pas pouvoir s’empêcher de faire payer à l’autre sa trahison toute sa vie.

 

L’infidélité déclenche une perte d’estime de soi ou une remise en question de qui on est.

 

ð  La réponse se trouve dans le dialogue humble.

ð  Le pardon va pouvoir arriver et être ressenti lorsque les partenaires vont pouvoir se dire à quel point ils souffrent sans s’accuser mutuellement mais surtout en apprenant à s’écouter et à se soutenir.

ð  Que la souffrance de chacun sera validée.

 

Par exemple : un sujet courant : un homme qui se sent délaissé par sa femme après l’accouchement.

Il est important que la femme puisse dire à quel point elle a senti toute la charge de l’arrivée de bébé et à quel point ça a été difficile pour elle, et qu’elle a du donner le peu d’énergie qu’elle avait à l’enfant. Et à quel point m’homme, lui s’est senti démuni, exclu, mal à l’aise, mis de côté. Et c’est pour cela que l’on fait appel à une personne extérieur dont c’est justement le travail de recadrer chaque personne dans son besoin de se plaindre ou d’accuser l’autre.

 

Le rôle du thérapeute ou de l’accompagnant est de pouvoir créer un espace sécurisé dans lequel il ne prend parti pour personne mais rend à chacun sa responsabilité et fait passer tout le monde au filtre des étape de pardon, de consolation et de responsabilité individuelle.

Ce sera très souvent un travail sur la vulnérabilité et l’assertivité et la régulation de émotions qui permettra à chacun de retrouver sa place d’homme ou de femme dans son couple.

Pardonner après avoir été trompée, c'est possible

Si vous passez au filtre de ces 5 poinst alors rein n'est impossible dans le couple, même après une tromperie ou une trahison.

 

1.    Le pardon c’est difficile parce qu’on essaye de pardonner par logique avec sa tête sans se demander d’abord ce que l’on ressent et de quoi on a envie

 

2.    Le pardon c’est d’abord quelque chose que l’on se donne à soi-même pour reconnaitre nos erreurs, nos difficultés et nos zones d’ombre.

 

3.    Le pardon et la confiance dans le couple ne peuvent fonctionner que si la personne qui trompe a des regrets, que la personne trompée ne prend pas le rôle de victime toute puissante et que chacun arrive à reprendre sa part de responsabilité.

 

4.    Le couple peu prendre un nouvel élan si l’on accepte de se parler en sortant du conflit et que chacun entend la peine et la vulnérabilité de l’autre et la valide.

 

5.    C’est dans la traversée de l’épreuve que le couple se renforce parce qu’il faut faire équipe et que l’adversaire commun c’est le divorce.

Le pardon est toujours possible, mais c'est le processus du pardon qu'il faut respecter pour acceder à la possibilité qui est complexe à mettre en place en solo. 

L'accompagnateur, le coach ou le thérapeute va avoir pour rôle de vous soutenir et de vous garder dans une zone de lucidité et de calme où le travail pourra être fait à votre rythme , en respectant vos phases de colère ou de tristesse, les moment où vous voulez tout arrêter et en déjouant vos peurs.

 

Malheureusement beaucoup de couple échouent parce que la difficulté a été mal évaluée ou accompagnée seulement d'un traitement médical sans accompagnement sur la gestion des émotions. 

Le pardon est une difficulté qui ne se "soigne " pas, elle se traverser et pour cela un accompagnement pluri disciplinaire est non seulement "normal" mais aussi, souvent, nécessaire. 

 

Vos ennemis sont votre honte, parfois votre peur, souvent votre colère. Ne restez pas seule face à eux car votre conjoint, lui, n'est pas votre ennemi et ça votre cerveau risque d'avoir du mal à l'accepter et manquer de discernement.