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Je parle trop et ça me retombe dessus !

Pourquoi trop parler dans son couple peut devenir un piège (et comment en sortir)

 

Je parle trop et je regrette d'en avoir trop dit, de m'être justifiée encore, ou d'avoir tout expliqué, trop anticipé, prévu tous les scénarios.

 

Certaines personnes ne savent pas “juste” parler.

Elles parlent pour se protéger.

Elles parlent pour éviter un conflit.

Pour éviter un reproche.

Pour éviter une sanction émotionnelle.

Pour éviter d’être mal comprises.

 

Et sans s’en rendre compte, elles finissent par s’enfermer dans un piège relationnel où leurs mots se retournent contre elles, leurs bonne intentions crée un enfer relationnel, et où parler devient risquer, si bien que certaines décident de se taire ou vivent dans l'angoisse de ce que leur mots vont produire. 

Quand “trop parler” est un mécanisme de survie

Dans beaucoup de couples, on observe ce schéma :

L’un des partenaires prend en charge les problèmes avant même qu’ils n’existent.

 

Il réorganise.

Il anticipe.

Il compense.

Il répare.

Sans que l’autre n’ait rien demandé.

 

Puis, dans un second temps, il lui en veut.

Parce qu’il a encore fallu “tout gérer” à sa place

Parce qu’il a encore fallu “s’adapter” parce qu'il n'anticipa rien.

Parce qu’il se sent seul dans la responsabilité et que l'autre se repose sur lui.

 

C’est exactement ce qui se passe dans les situations où :

         •       on règle un problème à la place de l’autre,

         •       on intervient dans son dos,

         •       on contrôle indirectement,

         •       on explique ensuite longuement pourquoi “on n’avait pas le choix”.

 

Et souvent, on termine par se sentir incomprise, épuisée, frustrée. Et surtout la réponse en face est sans appel "tu crée des drame toute seule", "tu es manipulatrice, tu as tout fait pour que ça foire"... Beaucoup d'accusation qui viennent principalement de l'incompréhension face à votre besoin de prendre en charge ce que l'on ne vous a pas demander au lieu de laisser l'autre prendre sa responsabilité et éventuellement se planter !

 

 

Pourquoi en êtes-vous arrivée là ?

=> Une adaptation précoce à un climat insécurisant.

 

Ce besoin de sur-communication ne naît pas par hasard.

Il s’installe très tôt.

 

Chez des enfants qui ont grandi dans des environnements où :

         •       il fallait être irréprochable,

         •       il fallait tout prévoir,

         •       il fallait éviter de décevoir,

         •       il fallait gérer l’émotion des adultes,

         •       il fallait se protéger de l’intrusion ou de la plainte d'un parent.

 

Ce ne sont pas des parents “mal intentionnés” qui créent ce genre de climats, et souvent ils sont même très aimants.

Ce sont souvent des parents eux-mêmes débordés, anxieux, intrusifs, contrôlants ou émotionnellement dépendants.

 

L’enfant comprend alors inconsciemment :

 

“Si je n’explique pas tout, je serai en danger.”

“Si je ne prévois pas, je serai sanctionné.”

“Si je ne parle pas, on va m’envahir.”

 

 

Deux stratégies possibles chez l’enfant

 

Face à ce climat, l’enfant développe des stratégies de survie.

Certains se taisent.

Ils se replient.

Ils se coupent.

 

D’autres font l’inverse.

Ils deviennent des “stations radio”.

Ils parlent beaucoup.

Ils donnent toutes les informations.

Ils anticipent tous les scénarios.

Ils sur-analysent.

 

C’est cette deuxième stratégie qui se retrouve très souvent chez les femmes adultes qui parlent soit-disant trop.

Quand l’anticipation devient une source de conflit

Dans le couple, ce mécanisme se transforme souvent en :

         •       scénarios mentaux permanents,

         •       projections,

         •       conclusions hâtives,

         •       réactions anticipées.

 

La personne imagine la suite logique :

 

“Il va faire ça.”

“Donc ça va produire ça.”

“Donc je vais souffrir.”

“Donc je dois agir maintenant.”

 

Elle répond à un futur imaginaire => elle agit avant que le drame n'arrive. Elle crée ainsi un autre drame dont le partenaire va lui donner l'entière responsabilité (et en effet, c'est bien le cas)

 

Puis elle justifie :

“Je n’avais pas le choix.”

 

De l’extérieur, le partenaire ne comprend pas.

 

Il a l’impression :

         •       qu’on lui retire sa responsabilité,

         •       qu’on décide à sa place,

         •       qu’on le manipule,

         •       qu’on crée des drames inutiles.

 

D’où les accusations fréquentes :

 

“Tu fais tout toute seule.”

“Tu inventes des problèmes.”

“Tu dramatises.”

“Tu contrôles.”

 

Alors que, intérieurement, il ne s’agit pas de contrôle.

Il s’agit d’angoisse.

Au lieu de laisser les choses se faire et PEUT-ÊTRE avoir à gérer un problème, elle gère un problème fictif, en crée systématiquement un nouveau à la place et s'agace ensuite de ce qu'il s'est passé en accusant l'autre. 

 

Des typologies de profils clairement identifiables

 

Dans la théorie de coaching que j'utilise pour travailler sur ce sujet au cabinet on peut décrire le profil de la personne qui parle trop comme une femme qui

         •       a appris à tenir,

         •       à encaisser,

         •       à gérer,

         •       à ne pas déranger,

         •       à s’adapter.

 

Elle croit que sa valeur vient de sa capacité à supporter.

Elle ne sait pas poser ses limites directement.

 Alors elle compense par l’hyper-responsabilité et la sur-explication.

 

Elle prend sur elle, puis elle s’épuise, et enfin, elle explose.

 

Apport des neurosciences : un cerveau en alerte permanente

 

Sur le plan neurologique, ce fonctionnement est lié à une hyperactivation du système de stress.

Chez ces personnes :

         •       l’amygdale (centre de la peur) est très réactive,

         •       le cerveau anticipe constamment les menaces,

         •       le corps vit dans un état de vigilance chronique.

 

Parler, analyser, expliquer devient un moyen de faire redescendre l’angoisse.

C’est une tentative d’auto-régulation dans laquelle le cerveau se dit :

“Si je comprends tout, je contrôle.”

“Si je contrôle, je suis en sécurité.”

 

Mais c’est une illusion car la sécurité ne vient pas du contrôle ; elle vient du lien et de la confiance.

 

Les conséquences sur le couple

 

À long terme, ce mécanisme crée :

         •       une asymétrie dans la relation,

         •       une infantilisation du partenaire,

         •       une perte de désir,

         •       une fatigue émotionnelle,

         •       une montée de rancœur.

 

La personne qui sur-communique se sent seule et l’autre se sent étouffé.

Et le lien se détériore.

Sortir du problème de "trop parler"

La clé : passer du contrôle à la responsabilité

 

La bonne nouvelle, c’est que ce schéma n’est pas une fatalité.

La prise de conscience est déjà une victoire.

 

Les femmes qui se sortent de ce réflexe conditionné se rendent compte qu'elles sont tout à fait capable de :

         •       laisser l’autre gérer ses responsabilités,

         •       accepter l’imperfection,

         •       tolérer l’inconfort,

         •       ne plus intervenir systématiquement,

         •       parler moins, mais mieux.

 

Elles ont compris qu'il fallait remplacer :

“Je dois tout anticiper” par “Je peux faire confiance.”

 

Un chemin d’empowerment accessible

 

Ce travail demande du courage car il oblige à traverser ses peurs, mais il libère.

Peu à peu, la personne découvre qu’elle peut :

         •       dire non,

         •       poser ses limites,

         •       exprimer ses besoins,

         •       se taire sans danger,

         •       laisser l’autre grandir.

 

Et surtout qu’elle a le droit d’exister sans se justifier :)

 

Conclusion : parler moins, vivre plus

Trop parler n’est pas un défaut, c’est un ancien mécanisme de protection.

Prendre conscience de cela, c’est reprendre son pouvoir.

 Et apprendre, enfin, à vivre des relations apaisées, adultes et respectueuses.