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Je n'aime plus mon mari et je culpabilise

Lorsqu'une femme commence à penser qu'elle n'aime plus son mari, très souvent la première chose qui remonte c'est une très grande culpabilité, et la seconde c'est une pensée pour son foyer, ses enfants, les conséquences de cette prise de conscience sur sa vie. 

Il va y avoir une profonde tristesse, une impression d'échec forcé et beaucoup de rancoeur. Car lorsque ce sujet est mal vécu par la femme, bien souvent elle en est révoltée. Elle peut avoir l'impression d'avoir tout tenté, tout essayé pour que les choses se passent bien, mais elle se sent prise au piège d'une succession de déceptions, de promesses non tenues, de mots jamais transformés en actions. 

 

Elle a l'impression de se retrouver dans une situation qu'elle n'a jamais recherchée, comme un piège invisible qui s'est refermé sur elle, malgré elle, et qui remet en question ses aptitudes de mère et de compagne dans la réussite de son foyer. 

 

Le sujet en fait ce n'est pas de ne réellement "plus aimer son mari", c'est plutôt de se sentir "forcée de s'en détourner". Et à y regarder de plus près, ce qu'elle déteste le plus, ce n'est pas son mari, c'est le comportement de celui-ci qu'elle ne comprend plus. Comme si l'homme, par son comportement inadéquat la poussait à le détester. C'est un sentiment ambivalent, et complètement paradoxal, parce qu'au fond d'elle, elle veut vraiment l'aimer, elle sait qu'elle l'a aimé, et veut revenir à cet état. Elle a l'impression que c'est lui qui fait tout pour devenir détestable.

 

Le sujet ce n'est pas de savoir qui déteste qui mais de bien comprendre comment sortir de la crise avant qu'il ne soit trop tard.

 

Le premier sujet est un sujet d'identité : Quelle femme étais-je hier, quelle femme suis-je devenue aujourd'hui ? 

Très souvent les femmes qui entrent dans cette crise se rendent compte qu'elles ne savent plus qui elles sont. Elles ont laissé derrière elle la femme joyeuse, libre, légère, et ont, au fil du temps pris l'habit de la mère de famille/maitresse de maison qui gère, règle, soigne, nourrit.

C'est ok, mais jusqu'où ?

Jusqu'où a-t-elle cannibalisé la femme et dans quel but ? 

Quelle femme vouliez-vous continuer à être, et qui n'est plus ?

Quelle idée vous faites-vous de votre rôle dans le couple ? 

Quelle était votre pire crainte en vivant la conjugalité puis la parentalité ? 

 

Le second sujet est la notion de limites. 

Où commence votre bien être, où commence le sacrifice ? 

Où commence l'envie de bien-faire, et où commence la peur de ne pas être à la hauteur ? 

Où commence votre estime de vous, où commence votre orgueil ? 

Beaucoup de femmes sont souvent dépassées par l'image qu'elles souhaitent donner d'elles-mêmes.

Où commence votre souplesse et votre douceur, et où commencent vos réflexes défensifs ?

Lorsque vos limites ne sont plus du tout respectées, ni par vous, ni par quelqu'un d'autre, vous devenez naturellement plus rigide, stricte, buttée, et prompte à entrer en lutte.

Et si vous redéfinissiez vos limites et que vous les posiez ?

 

Enfin le troisième sujet c'est le lâcher prise.

Lorsque trop de peurs se sont installées, souvent la femme va se mettre à anticiper, prévoir, se taire pour ne pas se confronter, elle va monitorer son environnement, se taire pour avoir la paix, ou parler pour couper court.

Bref vous détendre devient une faiblesse, l'occasion de vous faire avoir, la preuve que vous ne gérez rien. Alors vous ne lâchez rien.

Pouvez-vous arrêter de "faire" ?

Pouvez vous vous exprimer lorsque nécessaire ? Appelez à l'aide ? Demander quelque chose ?

Pouvez-vous accepter d'être libre/spontanée ? 

Pouvez-vous refuser de faire pour les autres ? 

Quelle peur vous en empêche ? Quelle émotion vous crée du stress ? Quelle croyance vous bloque ? 

 

Très souvent je rencontre des femmes au cabinet qui disent ne pas se sentir respectées par leur conjoint ou à leur place dans leur foyer et qui en veulent à leur partenaire de ne pas les considérer comme elles le méritent. 

Mais lorsque nous abordons ce questionnaire, elles n'ont pas de réponses ou très peu.

Elles se rendent compte qu'elles attendent beaucoup de respect de l'autre, mais qu'elles mêmes, passent leur temps à se museler, s'interdire la liberté, se couper de leur nature profonde. Elles sont devenues leur pire oppresseur tout en se déchargeant de cette responsabilité sur les "incapacités" de leurs conjoints.

 

Certaines me disent aussi "mais moi je veux bien arrêter de tout diriger et juste faire les trucs sympas mais si j'arrête qui va le faire ?!".

Et je leur réponds toujours la même chose : "allez-y, osez. Osez passer à coté du lave-vaisselle sans l'ouvrir, osez envoyer un sms avec la liste de ce qu'il manque et qu'il faut acheter pendant que vous faites les devoirs, osez dire que vous avez un truc de prévu ce soir et que vous ne rentrerez pas manger, osez avec le sourire, la bonne humeur et de façon simple, osez vous autoriser à exister sans peur, ni culpabilité ou honte. Et après on en rediscute ". 

 

Le sujet de la femme est de retrouver son élan, sa douceur, sa spontanéité, de se sentir à nouveau libre d'avoir de la place pour elle. Une bonne façon de retrouver sa place dans son foyer c'est de repenser au début. Qu'est ce que l'on faisait et qu'on fait plus. Qu'est ce que l'on osait incarner et que l'on a fait taire ? 

 

L'accompagnement qui permet de travailler sur ce sujet se fait en individuel avec l'approfondissement des trois sujets centraux : identité de femme - limites et lâcher-prise. Il est complété par un travail de conscience de soi (retrouver ce qui vous fait vibrer), d'estime et d'amour de soi (pour se consoler, se soutenir et s'aimer) et d'expression de soi ( pour mieux se connaitre et être avec l'autre).

 

Conclusion, avant de dire "je n'aime plus mon mari et je culpabilise", il y a beaucoup d'autres questions à vous poser pour y voir plus clair et assumer votre part de responsabilité vis à vis de vous-même.

 

Mon conseil :

"La liberté d'être soi, le bonheur de se faire plaisir, la spontanéité de proposer des sorties à deux, le plaisir de se retrouver le soir pour simplement discuter, qu'est-ce qui vous donnait l'impression d'être femme avant d'être compagne, qu'est-ce qui vous donnait l'impression d'être compagne avant d'être mère ?

Consolez chacune de ces parties de vous afin qu'ensemble elles puissent se soutenir pour faire la paix avec cette autre personne avec laquelle vous avez aussi fait le choix de vivre, c’est l’enjeu délicat de ce travail.

Je me suis malheureusement rendue compte au fil du temps que les personnes qui maltraitent le plus les femmes, ce sont elles-mêmes. Elles sont prises entre l’injonction d’être les égales des hommes et le défi de mettre fin à leurs propres atavismes et à des siècles d’écrasement.

Alors non, la seconde nageoire dorsale du requin ne peut pas se développer en une nuit. Il va falloir créer un changement de positionnement pour pouvoir mieux retrouver votre place et ce changement n’implique aucune guerre. Juste que vous commenciez par vous donnez ce que vous attendez désespérément que les hommes vous apportent sur un plateau : l’amour inconditionnel de vous-même. Prenez cet engagement et respectez-le.

Le choix du couple n'a jamais été un choix de règlement de compte, ni de féminisme de comptoir.

Le couple n'est le lieu que de frustrations, QUE si vous acceptez de continuer à vous frustrer vous-même, tout en accusant l'autre.