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Couple et grossesse : comment trouver sa place pour éviter la dépendance affective ?

Lorsque l’on est enceinte, le couple peut vivre des moments difficiles. Cet état de fait est dû à de nombreux facteurs comme les changements hormonaux, les malaises physiques ou encore la pression d’être une « bonne » future maman qui aura un bébé en pleine santé. Tout cela peut provoquer des tensions entre les futurs parents et parfois même créer des comportements de dépendance affective. Découvrons ensemble ce que cela signifie et comment s'en prévenir.

 

Qu'est-ce que la dépendance affective ?

La dépendance affective se caractérise par un sentiment d'insécurité personnelle et une recherche désespérée d'amour et d'attention chez l'autre. Elle peut être due à diverses causes, telles que des expériences négatives antérieures ou un manque d'amour perçu pendant l'enfance. Au cours de la grossesse, le corps hormonal et psychique de la femme change et elle a besoin d'un soutien plus important avéré. Et du côté du second parent l’arrivée de l’enfant oblige à se repositionner vis-à-vis de sa compagne. Là où une relation en apparence stable ou fusionnelle existait, l’arrivée de l’enfant va venir questionner toute la dynamique du couple et remettre en question un système relationnel qui semblait établi et convenir à tout le monde.

 

Comment reconnaître un comportement de dépendance affective pendant la grossesse ?

Il est possible de reconnaître certains symptômes typiques qui indiquent qu'une personne est dépendante affectivement. Voici une liste non exhaustive :

  • Manque de confiance en soi ;
  • Besoin constant d'approbation de son partenaire ;
  • Attente que l’autre vienne répondre à toutes vos peurs ;
  • Besoin que l’autre vous rende heureux.se ;
  • Craintes excessives de perdre l'amour de son partenaire ;
  • Sentiment de vide intérieur ;
  • Difficultés à prendre des décisions sans l'accord de son partenaire ;
  • Impossibilité de communiquer ses propres besoins.

 

Si vous avez l’impression d’être en demande ou que l’autre est en demande perpétuelle, que vous avez besoin de faire constater tous les jours à l’autre ses manquements, tout ce qu’il ou elle ne fait pas, ne dit pas ou devrait faire, si vous ressentez une repli sur vous ou un repli de l’autre sur lui/elle-même, il est temps de demander conseil à un professionnel qualifié pour identifier le problème et aborder des solutions appropriées.

Quelles conséquences peut avoir la dépendance affective ?

Une dépendance affective prolongée, si elle n'est pas gérée à temps, peut entraîner des troubles mentaux et physiques tels que :

  • Anxiété ;
  • Dépression ;
  • Insomnie ;
  • Problèmes digestifs ;
  • Irritabilité ;
  • Mauvaise humeur ;
  • Troubles de l'appétit ;
  • Fatigue chronique.
  • Perte de libido ;
  • Violence verbale ;
  • Sensation d’abandon, de rejet ou d’isolement.

 

De plus, cette situation risque d'avoir des répercussions sur l'épanouissement personnel et sur la relation amoureuse, ce qui peut entraîner des conflits et des violences conjugales.

Au moment de la grossesse, les effets et les conséquences sont décuplés, tout acte, toute sensation devient plus grave, plus complexe à gérer et laissera des traces longtemps après la naissance de l’enfant. En sexologie nous appelons cela le syndrome Waynberg. C’est la résurgence, plusieurs années après la naissance de l’enfant des griefs ressentis pendant la grossesse chez la femme. Ce syndrome est responsable de la chute drastique de libido chez les femmes suite à la grossesse (lorsque cela arrive) jusqu’à atteindre son pic lorsque le dernier enfant est sorti des couches. Dès lors la consultation en cabinet de sexologie devient une urgence.

 

Quelques astuces pour éviter la dépendance affective

Pour éviter de tomber dans ce type de comportement, il faut apprendre à reconnaître ses propres besoins et à acquérir une plus grande autonomie. Voici quelques astuces qui peuvent aider :

  1. Comprendre ses émotions : Apprenez à reconnaître et à accepter vos sentiments et vos émotions, sans les juger ni vous critiquer. Chaque émotion est normale et doit être acceptée pour avancer.
  2. Se respecter : Prenez le temps de vous connaître et de développer votre estime personnelle. En vous aimant et en vous respectant, vous serez moins vulnérable aux manipulations et à la soumission.
  3. Se sentir bien et en sécurité : N'ayez pas peur de dire « non » si vous ne vous sentez pas à l'aise dans une situation. N'oubliez pas que vous êtes une personne capable et compétente.
  4. Communication : Discutez avec votre partenaire de vos attentes ainsi que des limites à respecter pour maintenir une bonne entente dans le couple. Établissez des règles claires et apprenez à communiquer efficacement.
  5. Prendre du temps pour soi : Prenez du temps pour faire des activités qui vous procurent un bien-être physique et mental. Dans toutes vos journées il est nécessaire de trouver un temps pour soi, pour faire quelque chose qui vous fait du bien.
  6. Avoir des projets communs et individuels : Ayant des objectifs à atteindre et des projets à réaliser, on apprend à valoriser ses talents et à s'accomplir. Fixer des buts nous aide à nous sentir utile et nous rend heureux.

 

En somme, grâce à ces quelques conseils, vous apprendrez à trouver votre place au sein du couple et à éviter de tomber dans la dépendance affective.

Comment aider un proche victime de dépendance affective ?

 

 

 

La problématique de cette situation c’est que l’on voit les difficultés de l’autre mais que l’on est souvent aveugle aux nôtres. Dans un couple la dépendance affective est souvent mutuelle et s’auto-entretient. Elle prend des aspects différents chez les deux personnes mais il est rare qu’une seule personne soit en souffrance. Il est alors nécessaire de ne pas se positionner en « thérapeute » vis-à-vis de l’autre car il/elle vous renverra vos propres incohérences ce qui risque d’activer spirale de la dispute. Je vous invite à prendre un temps de recul et poser le problème de façon neutre. Ce n’est pas l’autre qui a un problème c’est le couple. C’est donc un sujet que l’on doit regarder en face à deux, à égalité. La plus grande difficulté est d’imaginer que chacun a un rôle à jouer même si l’un semble plus souffrir que l’autre. L’enjeu de la dépendance affective est de sortir de la lutte mise en place pour obtenir l’attention de l’autre.

 

Le rôle d’un accompagnant, coach ou thérapeute est de se poser en témoin lucide de cette relation de lutte et de pouvoir vous accompagner dans la gestion de vos émotions et votre capacité à répondre à vos besoins, vous rassurer et vous consoler lorsque la mécanique de dépendance se met en place. Cette personne peut travailler avec vous en individuel ou en couple car il n’est pas toujours simple de convaincre une personne de se faire accompagner. Mais la bonne nouvelle c’est que le travail de l’un permet toujours à l’autre d’avancer par ricochet, peut être avec un temps de décalage mais qui sera bénéfique car il faut avoir envie de le faire pour soi d’abord (pas pour faire plaisir à l’autre). Il ne faut donc surtout pas hésiter à poser des questions au professionnel de votre choix dès que le doute arrive et discuter avec lui de la meilleure façon d’être accompagné.e.s sur ce sujet.

Au cours d'une grossesse, il est normal de passer par des hauts et des bas avec son partenaire. Lorsque l'on ressent des comportements de dépendance affective, il faut agir rapidement pour éviter les conséquences néfastes le bien-être physique et mental de tous.

Vous avez désormais tous les éléments pour repérer la dépendance affective et trouver votre place au sein du couple durant la grossesse.

Si vous avez des questions ou que vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez m’écrire ici ou réserver directement un rdv de bilan.